La terre de feu

Posté par sylvie974 le 20 janvier 2010

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J’entre sur l’ile de la terre de feu, en traversant le détroit de Magellan, par le bateau qui relie Puenta Arena à Porvenir ;  Endroit mythique, imprégné de l’histoire des premiers explorateurs, et aussi des indigènes vivant sur ces terres et pourchassés et tués par les colons. Il ne reste donc plus que quelques estancias,et les moutons, source de richesse pour ces nouveaux colons. Et quelques villes très rares.

11 janvier : Porvenir. Onaisin.105 km et 8h. Dénivellé : 300m

Je quitte porvenir sous la pluie. Que faire ? il n y a pas de bus, et 180km de piste à venir, sans étape où s’abriter. De toute façon, il n’y a pas le choix, je n ai pas envie d’attendre demain ; la piste est caillouteuse au début avec quelques petites grimpettes, mais surtout elle est pleine de flaques d’eau et parfois de boue. J’ai empilé tous mes vetements, et suis des plus humide et marron, mais je n’ai pas froid.

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Bizarrement, la aussi je garde le moral, comme si je savourais les derniers jours de ce voyage en me délectant de cet infini. Aujourd’hui, il n’y a vraiment rien, que la pampa et un bras de mer.

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 Arrivée a Onaisin, je cherche le village, ce n est en fait qu’un carrefour. Je trouve tout de meme une maison perdue, qui m’offre un abri pour la nuit ; cela suffit à mon bonheur.

12 janvier : Onaisin. San Sébastien ( Argentine )66 km et 4h20 ; plat

IL pleut toujours  un peu, et mes survêtements sont couleur terre, mais je sais la frontière proche, et la piste est meilleure. Je vais devoir attendre 1h a chaque frontiere ; les 2 frontieres étant séparés de 11 km.

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Avant chaque frontiere, je m’oblige a finir mes produits frais, mais je planque mes fromages et mon saucisson dans ma tente, je ne peux pas tout manger. J’ai rencontré un français qui est resté 2 h chez les policiers chiliens, avec une amende, pour… une mandarine. J’arrive donc tard en Argentine et trouve un hotel derriere la frontiere, un peu cher, mais bon, je vais pouvoir tout faire secher et dormir au sec.

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                   Me voici en terre de feu argentine,                   et au bord de l’océan Atlantique, ça change !

13 janvier : San sébastien. Rio grande. 85 km de vélo et 5h. Dénivellé :200m

Le vent aujourd’hui est déchainé, au matin déja à 80. 90km/h, mais il ne devrait pas etre trop de face; d’ailleurs la seule étape où je devais l avoir dans le dos, ça a été les 2 jours de pluie, et sans vent….Je longe l’atlantique dans un paysage désertique, à part une estancia.

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De longues lignes droites , avec vent de travers, ne sont pas faciles. je m’abrite derriere un talus, pour le pique nique ; j ai maintenant mes habitudes.

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A Rio grande, je trouve un hotel bien sympa Los argentinos.( 50 pesos avec petit dej, et cuisine et internet;le top!). j’en profite pour nettoyer et graisser mon vélo. Il était recouvert d’une pate de boue.

14 janvier : Rio Grande. Lohuin ; 116 km de vélo et 7h20

A l’approche du but, mon énergie redouble; je sais maintenant que j’y arriverai;

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Une belle journée ; peut être la premiere sans trop de vent ; j en profite pour m’arrêter assez souvent. Je vois mon  1er condor, des guanacos et des chevaux galopaient, et toujours les forêts aux troncs morts ; agréable arrêt pique nique, devant 2 troncs enlacés,  un qui vit alors que l’autre n’a plus de feuilles .

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 Au bout de 80 km, il y a plusieurs bosses. Je vois un fourgon faire demi tour pour me proposer de m’emmener a Ushuaia, et insister. Et c est .. une camionnette de l’éducation nationale. Pas mal ! Ce serait le comble, après tous ces km…j’en ris bien. Et vers 7h, j’arrive a Tolhuin, c’est tout petit ; vais-je trouver un hébergement ? hospedaje bien sympa, ou je me prépare ma popote , los lengas ( 50 P). je suis la seule.

15 janvier : Tolhuin. USHUAIA….. 113km de vélo et 7H45. Dénivellé : 900m

Le bout du chemin …

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Le dernier jour ! je ne vous dis pas l’émotion aujourd’hui ! et Ushuaia, ça se mérite car j ai tour à tour, les bosses, la pluie, le vent et les 2 à la fois. Mais quel plaisir de grimper le col au milieu des sommets enneigés et des lacs. Je prolongerai volontiers cet instant. bon, la pluie c’est plus génant, mais je suis bien équipée;

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 je savoure chaque bout de paysage et chaque coup de pédale. presque 9000 km, en 5 mois et tout un hemisphère. Je suis contente, car le défi sportif n’était pas facile ( peu de temps pour boucler la route et donc de grandes étapes) et aussi pour tous ces instants qui sont dans mon coeur, que j ai vécu si intensement.C’est ça qui est important. Ce matin j ai dejeuné avec un pecheur; il est partie avec sa canne, moi avec mon vélo ; on rayonnait de la meme joie. Le vélo a donné toute l’intensité a mon voyage, de part l’effort qui permet de mieux apprecier, la nature, les rencontres, les repas, le lit du soir ; de part son rythme qui nous offre l’inconnu, en nous otant le désir du faire et toute programmation.Et ce contact fabuleux avec la nature du matin jusqu’au soir ; on la découvre ainsi de l’intérieur, et en symbiose avec le soleil et le vent. Bref ça bouillone aujourd’hui, et je saute de joie quand j’arrive au panneau de la cité la plus australe. El fino del mundo….

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Et ce n est que fort tard , et un brin fatiguée, que j’arrive a l’auberge de jeunesse. Le retour à la « civilisation  » est toujours dur. Serai je devenue plus sauvage ? sans doute un autre regard.Ici des tee shirt sur la route 40 ! des pingouins sous toute les formes, la patagonie en gadgets.

 16-19. janvier : 80 km de vélo, en ballade, et histoire de me rapprocher des 9000 km .

Comme pour me souffler qu’il n’y a pas de fin, je rencontre le soir de mon arrivée 2 argentines, Myriam et Annalia, et nous allons former un beau trio pour visiter Ushuaia ;

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la fin de la cordillère des Andes, et donc de belles montagnes enneigées qui se terminent dans la mer. D’ailleurs cette longue chaîne de montagne, qui craque et se déplace, me fait fort penser à une colonne vertébrale soutenant tout un continent. J’en suis donc au sacrum . Clin d’œil aux osteos et kinés…..

Randonnée tout d’abord au superbe parc de la tierra del fuego, au bord de l’eau, dans la foret de lengas ( hêtres), un brin ravagée par les castors.

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Puis navigation sur le canal de Beagle ( du nom du bateau de Fitz Roy, sur lequel Darwin commença à rédiger son «  évolution des espèces »), le canal séparant Ushuaia de l’ile Navarro chilienne, ou se trouve Puerto Williams, qui me semble encore plus australe que sa voisine argentine.

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Port Williams 

 Bataille entre les 2 pays…je fais donc les classiques de la fin du monde ;  je vais au phare d’Ushuaia , puis  dans la baie de p Williams ! en allant voir une dernière fois mes amis les pingouins

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En vélo je repars en direction du parc pour aller jusqu’au bout de la route. Bon , il me faudra bien faire demi- tour… plus rien au delà, sauf l’antarctique . Toute les 3 , on décide même d’aller galoper au bord du canal et au soleil couchant.

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 Et le soir à l’auberge, je prépare une platée de pâtes pour tout le monde. Bien sympa ce mélange de nationalités, qui communiquent en espagnol, francisé et anglicisé.

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Le dernier jour je rencontre Bettina et Gabriel, les 2 cyclistes suisses ;  et comme j’ai du champagne dans mon sac, nous fêtons l’événement. Je retrouve aussi les 2 cyclistes hollandais. C’est bien le bout de la route !

Entre cyclistes, il y a de suite quelque chose de fort qui passe, car on a vécu la même chose. Je passe le relai à Paris, un polonais qui arrive juste et monte son vélo alors que je remballe le mien. Muchos gracias Paris , para el bici ! y bueno viaje ! il m’aide à empaqueter mon velo  à la perfection, car je n’ai pas de housse ; ( démontage complet et gainage dans une robe de mousse et de scotch).

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Voila l’aventure se termine… tellement riche ; je suis heureuse de l’avoir partagee avec ceux qui m’ont suivi sur le net et sur les routes. Et je les remercie vraiment pour tous les messages d’amitié, qui m’ont permis de ne pas douter et qui m’ont réchauffé le cœur entre 2 étapes.

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La rose ose

étaler sa beauté

et libérer son essence

OSEZ !

Osez changer, osez partir, osez la différence, osez aimer, osez réaliser, osez vous exprimer, osez croire, osez être heureux, et surtout osez être vous même.

Le voyage, celui ou on quitte nos habitudes pour s’ouvrir à l’inconnu, nous permet d’oser et d’embrasser la vie dans son intensité. Et le voyage seule, et surtout en vélo, permet cette confrontation avec soi même, avec le silence et l’immensité des paysages ; et favorise aussi les rencontres. Une expérience inoubliable. L’aventure peut se vivre tous les jours, mais sur son chemin, il n’y a pas de certitude, sauf celle de s’engager dans le domaine de l’imprévisible, et du mouvement. La vie est mouvement, est une danse.  

Aventure

Nouveauté

Dépassement

Emotion

Silence

  Au cœur des ANDES , une DANSE avec la vie. 

Et parce que la vie est un jeu, j’attend vos réponses pour mes 3 questions finales : le nombre total de km en vélo, le dénivelé et le nombre d’ heures de selle, au cours de ce périple de 5 mois, le long de la cordillère des Andes. Petit souvenir pour les 3 réponses les plus proches.

Question subsidiaire : quelles sont les 3 nationalités qui voyagent le plus, dans le sud de l’Amérique, Argentine et Chili.

14 Réponses à “La terre de feu”

  1. "Petite Soeur" dit :

    Coucou Sylvie,
    Je pars nager …….. et à mon retour je fait le calcul, mais ça va être long…… je risque de traîner en route à relire tes récits!!!!
    à+

  2. patrick dit :

    Inadmissible sylvie …que tu cesses de nourir mon enfant (le site de tri) , que vais je pouvoir écrire maintenant ?…bon……pas grave …c’est pas de ma faute , moi j’ai trouvé trop court ce voyage …..
    eh…..entre nous ….belle perf non ?

  3. Florence dit :

    Aux flammes de la Terre de Feu tu ne te brûlas point.
    La prouesse était bien au bout du chemin. C’était écrit.
    Le retour de pédale pouvant être douloureux alors…
    Que suive maintenant ton retour au pays des rêves et des souvenirs !
    A bientôt.
    Florence

  4. "Petite Soeur" dit :

    Sylvie,

    les maths ça n’a jamais été mon fort, mais je me prend au jeu:
    Si on tiens compte que certains jours tu te ballade pour le plaisir sans compter tes heures!!!!!!! tu est très généreuse; et si on considère que parfois tu ne compte plus les bosses, ça devrai avoisiner les……… suspense!!!..
    7916 km ( j’ai dû rater des épisodes car je suis loin des 9000)
    42300m de déniv+……… tu dois avoir de ces cuissots ma cocotte!!!
    et 486h de selle….. tu me donnera ta recette pour ne pas avoir mal aux fesses.

    Peu importe le résultat, ce qui compte c’est qu’on est très contents que nous revienne;

    On t’attends pour un pique nique au Maïdo!!!

    Bisous,

  5. estelle dit :

    Bravo Sylvie pour cette belle épreuve que tu viens de terminer, c’est avec beaucoup d’émotions que je lis ton récit.
    tu dois ê contente de rentrer quand même!!!
    Allez j’essaie de jouer , en espérant ne pas sortir de trop grosses énormités:

    en kmétrage, je dis: 8860km
    en dénivelé:25000m
    en heures de selle: 680heures

    encore bravo!!
    Estelle

  6. mondon maryline dit :

    Salut Sylvie et Bonne Année 2010 et surtout BRAVO pour ce périple, ces récits, ces photos qui m’ont tant fait rêver pendant 6 mois ! Grosses bises et bon retour.
    Maryline

  7. Lamouller dit :

    Magnifique… Ce voyage, toutes ces images… Magnifique.
    Félicitation encore pour ce périple fabuleux.

    Loïc et son équipe

  8. Doudou dit :

    tu nous impressioneras toujours! Bravo pour ce magnifique projet, bravo de nous l’avoir fait partagé, bravo aussi d’avoir déjoué tous les obstacles et de revenir en forme et surtout entière! Nous te souhaitons plein de beaux projets pour cette nouvelle année, les retrouvailles avec famille et amis et j’espère que la reprise ne sera pas trop dure pour le moral…Alors, tu avais gardé une bouteille de champagne pour le dernier jour? Celà ne m’étonne pas de toi!! Nous avons pu lire tes récits du dernier mois en une seule fois car plus d’internet après notre déménagement: ça marche mieux au bout du monde!
    Plein de bisous de nous tous.
    Yves Doudou, Brice et Anne-Lise, Ben et Laure

  9. Valérie dit :

    Hi Sylvie !

    Je viens de lire la fin de ton récit. Belles dernières étapes et j’imagine effectivement le décalage avec la civilisation après tant de mois plus ou moins seule (mais pas tant que ça puisse qu’on s’est rencontrée).

    Pour ma part, me voici au centre de l’Australie au plus chaud de la saison chaude… Plus de 40°C à l’ombre ! Mais je supporte vaillament la chaleur, les mouches et les moustiques pour la joie de comptempler un lever de soleil sur le désert rouge, d’admirer Uluru (demain), de randonner au milieu de nul part…

    je te souhaite bon courage pour la reprise : que l’énergie et la joie du voyage t’accompagne longtemps.

    Bises et à bientôt !

    Valérie

  10. COLETTE ROUSSET dit :

    Bravo
    SYLVIE.Chapeau pour ton courage ,cette liberté et c

    volonté.Quelle richesse…dans le coeur ,surtout!

    MAGNIFIQUE!…

  11. COLETTE ROUSSET dit :

    Bravo
    SYLVIE.Chapeau pour ton courage ,cette liberté et c

    volonté.Quelle richesse…dans le coeur ,surtout!

    MAGNIFIQUE!…

    Amitiés et à bientot peu-etre à la REUNION….GROSSES BISES.
    COLETTE

  12. Christine dit :

    Bravo bravo pour ce merveilleux périple. Toutes ces images toutes ces rencontres. Quelle richesse tu emportes avec toi! merci de nous avoir fait rêver.
    Bonne reprise et j’espère à un de ces jours!
    bises
    Christine astier

  13. Thierry et Carole dit :

    Vivre ses rêves !Tu les vis les yeux bien ouverts!
    Tu sais aussi les partager ! Fabuleux ! Merci
    On t’embrasse
    Thierry et Carole

  14. arnaud dit :

    Trop fort Sylvie !! on t’attend de pied ferme à la Réunion. Le retour à la vie « normale » va être difficile… Plein de bises !

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